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La mascarade de la « droitisation »

In La Droite on mai 2, 2012 at 2:14

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En France, on a des comportements convenables. Pourtant, il y a quelque chose qui chez nous est socialement proscrit,  c’est de voter à droite. Et encore a-t-on l’autorisation tacite de la police de la pensée (Philippe de Saint Robert remarque d’ailleurs que si il y a une police efficace en France, c’est bien celle de la pensée) de voter à droite, du moment que ça reste secret,… Mais le crime absolu, c’est celui d’être de droite, je veux dire d’avoir des convictions de droite, de penser à droite.  Mais l’homme de droite à ses stratagèmes pour outrepasser cet interdit moral: De Gaulle se dit « au-dessus des partis » et Mitterrand se dit « socialiste ».

Voilà pourquoi, en France, se droitiser est un vice.  Mais n’ayons pas peur de la pensée unique et droitisons, droitisons, encore et encore. D’autant plus que cette prétendue droitisation n’est qu’un recentrage.  Jacques Chirac, alors envoûté par les charmes intellectuels de Marie France Garaud,  en 1978, lançait l’Appel de Cochin:

« NON à la politique de la supranationalité.
NON à l’asservissement économique.
NON à l’effacement international de la France. »

Non, aussi, au « parti de l’étranger » avec « sa voix paisible et rassurante« , comprenez l’UDF,  le parti politique de l’européisme bon teint. Jacques Chirac disait ainsi: « Tout nous conduit à penser que, derrière le masque des mots et le jargon des technocrates, on prépare l’inféodation de la France, on consent à l’idée de son abaissement. » Une phrase que renierait bien volontiers n’importe quel baron UMP-Canal habituel. Dans cet appel, Chirac voyait déjà le  « démantèlement des pans entiers de notre industrie laissée sans protection contre des concurrences inégales, sauvages ou qui se gardent de nous accorder la réciprocité« . « Nous disons non à une France vassale dans un empire de marchands, non à une France qui démissionne aujourd’hui pour s’effacer demain. » Tout ces excès de rages souverainistes ne plairaient pas beaucoup à tout les tenants d’une souveraineté partagée, concept pour le moins contradictoire. Pourtant on voit, tout doucement, une évolution des mentalités sur l’Europe protectrice, le Buy European Act, l’éloge de l’Europe des frontières, le combat contre l’Europe passoire,…

Prenons l’immigration. Lisons un fantastique petit libelle crypto-fasciste que constituait le recueil des propositions des états généraux de l’opposition RPR-UDF sur l’immigration en 1991. Y participèrent, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac, Michèle Alliot-Marie, Roselyne Bachelot, Alain Juppé, Gérard Longuet et last but not least,….  François Bayrou. C’est dire. Le RPR/UDF en appelait alors clairement à « la fermeture des frontières » et à la « suspension de l’immigration ». Rien à voir avec l’immigration choisie ou le durcissement de Schengen.  On pointait alors du doigt « la fécondité des étrangères très supérieure à celle des Françaises (3,2 enfants contre 1,84) et spécialement celle des Maghrébines (entre 4 et 5 enfants) ». On contestait le droit du sol. On déplorait que « l’importance numérique des enfants d’immigrés soit trop forte dans certains secteurs géographiques ».  Alors entre l’Appel de Cochin et Villepinte, entre 1991 et 2012, je ne vois aucune droitisation, aucune menace fasciste particulière, aucune résurgence pétainiste, mais simplement un recentrage.

Pour finir, ce que l’on appelle faussement « droitisation« , ce n’est que la tentative, peut-être vaine, de ne plus s’adresser seulement aux catégories terra-noviennes (les urbains, les bobos, les minorités,…), ni aux journaleux, mais de parler d’abord et surtout à la France que l’on n’entends jamais, et d’ailleurs à la France qu’on ne veut pas entendre. Et bien sûr, les journaux braillent ensemble « pétainisme! pétainisme! »; « droitisation! droitisation! ». L’embêtant c’est que ce-faisant, en diabolisant Sarkozy, ils ne font qu’augmenter ce qu’il lui reste de chances pour qu’il conserve son trône présidentiel. Disons aussi que les Inrocks, Libé ou France Inter, ce n’est pas la France ce n’en est qu’un petit morceau, pas le plus grandiose. Les Inrocks n’atteignent que difficilement le chiffre de 45 000 ventes par mois, et Libé atteint joliment les 125 000 exemplaires par jour.

Patrick Buisson, le fameux conseiller à l’égorgement d’enfants et aux rituels sataniques de N. Sarkozy, notait avec pertinence dans une entrevue au Monde:   « Ce concept de “droitisation” est le plus sûr indice de la confusion mentale qui s’est emparée de certains esprits. Si la “droitisation” consiste à prendre en compte la souffrance sociale des Français les plus exposés et les plus vulnérables, c’est que les anciennes catégories politiques n’ont plus guère de sens… et que le PS est devenu – ce qui me paraît une évidence – l’expression des nouvelles classes dominantes. »

La gauche s’est toujours scandalisée que la droite ne soit pas la gauche, il faudra qu’un jour elle s’y fasse.

S. R.

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