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Pourquoi Sarkozy a-t-il perdu?

In La Droite on mai 8, 2012 at 6:09

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 Hier, nous avons tenté de voir ce que l’élection de F. Hollande signifie véritablement. Nous avons notamment dit qu’elle était davantage une défaite de Sarkozy que d’une victoire du Parti Socialiste. Il nous reste de comprendre quelles étaient les raisons du score du président-candidat.

« Au fond, j’ai fait mienne l’analyse de Gramsci : le pouvoir se gagne par les idées. C’est la première fois qu’un homme de droite assume cette bataille-là. » Nicolas Sarkozy, Le Figaro, 17 avril 2007

Les grandes batailles politiques sont tout d’abord des batailles culturelles. Le premier homme de droite à avoir compris cela fut justement Nicolas Sarkozy. Imposer ses mots, assumer ses idées, lutter aussi sur le terrain universitaire et de la recherche, ne pas laisser son ennemi fixer les règles et les limites à ne pas dépasser,… Tout cela Sarkozy ne l’a finalement pas fait, ou s’il l’a fait cela aura été très discrètement et en se laissant battre à plate couture par la gauche morale (qu’il a d’ailleurs fait entrer au gouvernement avec l’ouverture, ouverture qu’il n’osa pas pratiquer jusqu’au sarkozysme). Alors que les Français ne demandaient que cela: mettre fin à l’hégémonie totalitaire du politiquement correct, pouvoir enfin régler les problèmes à partir de leur réalité et non pas à partir de leur moralité, réussir enfin à exprimer librement des opinions à contre-courant. En fait, l’électorat sarkozyste attendait le  Buisson de campagne à l’Elysée. Il ne l’a pas eu. Il attendait que Sarkozy transgresse tous les tabous, il n’a fait que faire semblant et en n’oubliant jamais de demander pardon à la bien-pensance, histoire de ne jamais aller « trop loin » (« trop loin », on l’a vu durant cette dernière campagne, étant notamment le fait d’accorder une présomption de légitime défense aux policiers: le fascisme ne passera pas!). Tant que la droite ne comprendra pas que « se droitiser » n’est pas un crime contre l’humanité, elle n’arrivera à rien.

Et puis il y a cette fameuse histoire d’hyper-président. Eric Zemmour nous dit bien ce qui se cache derrière l’omniprésence médiatique, l’hyperactivité du président c’est son impuissance politique, car l’hyper-président est en réalité un hypo-président. Mitterand avait prophétisé qu’après lui ( et Maastricht) il n’y aurait plus de véritable Président de la République. Sarkozy a joué au Premier Ministre, parce qu’il n’était pas Président. Le pouvoir véritable est à Bruxelles, aux marchés financiers et aux médias. Surtout à Bruxelles. Je feuillette la profession de foi 2007 de notre ex-président et je dois admettre que la plupart des promesses ont été bel et bien tenues. Sauf celles concernant l’Europe. En 2007, Sarkozy promettait d’agir « pour que l’Europe nous protège dans la mondialisation grâce à des politiques concrètes, en particulier contre les délocalisations », c’est déjà le protectionnisme européen souhaité par Montebourg, il voulait aussi « réhabiliter le principe de préférence communautaire ». L’Europe a dit « Nein », la France n’a pas bronché. Il jurait de « renforcer la présence des services publics en milieu rural ». L’Europe n’aime pas les services publics, les Postes ferment les unes après les autres dans nos campagnes. La politique industrielle promise par « le candidat du pouvoir d’achat » n’a pas été mise en oeuvre pour la simple et bonne raison que l’UE interdit toute politique industrielle. Et si François Hollande a mené campagne sur le thème de la croissance, déjà en 2007 Sarkozy disait qu’il « ferait en sorte que l’euro devienne un outil de croissance ».  En réalité, si l’on fait abstraction de ce qui est du domaine de l’UE et des conséquences des crises économiques, le bilan de Sarkozy est plutôt positif.

La droite devrait par ailleurs faire quelques cours de rattrapage en gaullisme, notamment sur le chapitre de la légitimité populaire. Si en 2005 des français de droite et de gauche disent non à la constitution européenne, il est absolument détestable de faire passer le Traité de Lisbonne. Cela restera pour moi une erreur colossale de la part de Nicolas Sarkozy. Ce contournement de la souveraineté populaire aura pu susciter quelques vocations anti-sarkozystes parmi les rangs de la droite villiéro-pasquaienne.

Et puis comment ne pas noter le gigantesque bourrage de crâne organisé par les médias pour provoquer un rejet épidermique et primaire de la personnalité de N. Sarkozy. N’est-ce pas un crime, pour les élites parisiano-parisiennes, que de n’être qu’un self-made-man non-énarque, un avocat de petit de taille (la même que celle de François Hollande)? N’est-ce pas un crime répugnant d’aller fêter sa victoire dans le même restaurant fréquenté les éditocrates et l’oligarchie lutécienne? Cette haine de la personnalité, parfois du physique du président, et également (surtout chez les extrémistes de droite et de gauche) de ses origines, sur lesquels misa Hollande entachera sa victoire .

S.R.

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